Coup d’Oeil sur une Femme d’Exception : Gisèle Halimi

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Chère blogueuse, cher blogueur,

Il me tient à coeur de partager avec vous le parcours de Gisèle Halimi qui est incontestablement des plus anticonformiste : de façon évidente, il faut tenir compte du contexte des époques traversées.

J’ai beaucoup d’admiration pour cette femme remarquable, une bien grande personnalité qui mérite une place plus importante dans les médias. Pourquoi si peu d’attention à son égard de leur part malgré son grand âge ? Sans doute, parce qu’elle est une femme et qu’elle dérange notre société fondamentalement phallocrate ; ce constat ne regarde que moi me direz-vous…

Nous les femmes, nous lui devons énormément ! A bientôt 85 printemps, Gisèle Halimi est toujours de tous les combats aux côtés des minorités et plus particulièrement pour la cause des femmes partout dans le monde.

Insoumise, féministe, révolutionnaire, irrévérencieuse, elle est l’élément incontournable des batailles engagées contre les injustices infligées aux femmes et qui sont hélas plus que jamais d’actualité en France et ailleurs.

Sa vie et ses engagements contre les traditions et les entraves à la liberté ne peuvent que nous rendre très admiratifs.

Son combat pour l’émancipation des femmes dans les années 70 la fera connaître du grand public.

Un petit tour d’horizon à votre attention :

Gisèle Halimi est née Zeiza Gisèle Élise Taïeb en 1927 en Tunisie dans une famille pauvre et traditionaliste. Elle est avocate, écrivaine, militante féministe et politique, à la double nationalité, française et tunisienne.

Dès son plus jeune âge en Tunisie, 12 ans plus précisément, Gisèle se rebelle contre sa famille et fait une grève de la faim durant plusieurs jours car elle refuse d’être la boniche de ses frères, rôle que lui impose son éducation de “fille”.

Elle comprend très vite que le savoir et les études seront ses seules armes pour échapper à l’asservissement. Elle devient avocate pour lutter contre les injustices, se battra et se bat toujours pour changer les lois et faire évoluer les mentalités.

En 1949, elle entre au barreau de Tunis et en 1956 elle poursuit sa carrière à Paris.

Faits retentissants :

 

En 1960, Gisèle Halimi plaide la cause de Djamila Boupacha, partisanne du Front de Libération National Algérien. Cette jeune femme de 22 ans, accusée d’avoir déposé une bombe à Alger est torturée, violée et emprisonnée par les militaires français. Son procès aura lieu en France Métropolitaine fin juin 1961. Elle sera amnistiée en 1962.

Défendue par Gisèle Halimi, le cas Djamila Boupacha très médiatisé donna naissance à un Comité “pour Djamila” présidé par Simone de Beauvoir. D’autres personnalités adhèrent au groupe, Jean-Paul Sartre, Louis Aragon, Elsa Triolet, Gabriel Marcel, Geneviève de Gaulle et Germaine Tillion.

Gisèle Halimi est signataire en 1971 du “Manifeste des 343” parmi 343 femmes qui déclarent avoir avorté et réclament le libre accès aux moyens anticonceptionnels et à l’avortement libre.

Aux côtés de Simone de Beauvoir, elle fonde en 1971 le mouvement féministe “Choisir la cause des femmes” et milite en faveur de la dépénalisation de l’avortement.

En 1972, Gisèle Halimi défend l’adolescente Marie-Claire Chevalier au procès de Bobigny. Cette gamine de 16 ans, violée par un garçon de son lycée se fait avorter. Un procès politique s’ensuivra et contribuera grandement à la loi Veil de 1975 sur l’interruption volontaire de grossesse.

A coeur vaillant rien d’impossible, menaces de mort et injures ne dissuaderont pas Gisèle Halimi de son objectif : défendre la cause des femmes, leur droit à la dignité, à l’intégrité et à la liberté.

Et la relève ?

En cette période électorale, je constate avec tristesse que ce n’est pas gagné. Une femme présidente reste du domaine de l’utopie. La France est carrément à la ramasse en matière de parité du pouvoir.  Ouais, ouais, ouais, il y a la candidate à la présidentielle Marine Le Pen… Le Front National serait-il féministe ?

Fort est de constater qu’à gauche de nos jours, il n’est accordé que peu de crédibilité à des femmes pourtant très expérimentées, sauf votre respect Mesdames Laguiller, Buffet et Royal.

C’est un peu fort de moka je trouve… Je vous laisse méditer…

Pour le sourire, je vous rapporte que Gisèle Halimi a mis au monde 3 garçons aujourd’hui “féministe”.

Elle est la mère de :

Jean-Yves Halimi, avocat

Serge Halimi, directeur du Monde diplomatique

Emmanuel Faux, journaliste à Europe 1

J’escompte bien pousser votre curiosité, voire votre intérêt, pour cette Grande Dame et vous invite à surfer sur le net qui n’est pas sans reste à son sujet. Au fait et pour conclure, permettez-moi de vous dire que les féministes ne sont ni des emmerdeuses ni des cruches. Mais vous le saviez déjà, non ?

Soeur Lutèce

Le site web de son association Choisir la cause des femmes

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5 commentaires

  1. Champernau (1 comments) dit :

    Bravo Soeur Lutèce pour cette biographie.

    Maintenant que vous avez commencé à écrire pour la lutte des droits des femmes, je ne peux que vous inciter à continuer dans cette voie.

    Une suggestion : Olympes de Gouges et sa « déclaration des droits de la femme et de la citoyenne »…à votre plume donc !

    Que votre site nous illumine de vos écrits.

    Valérie

  2. KL (2 comments) dit :

    Merci pour cette biographie fort enrichissante. Pour rebondir sur la parité, le nouveau gouvernement est assez riche en femmes, par contre côté relève, c’est un autre débat.

  3. solange (1 comments) dit :

    merci pour le billet

  4. mares (1 comments) dit :

    lorsque l on me parle du foulard islamique je cite cette DAME en reference et rappelle ce qu elle en pensait

    cordialement

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