Interview : Les Ogres de Barback et l’association Pitt Ocha

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Les Ogres de Barback et leurs instruments, qui ont l’air incongrus sur les radios FM, se devaient encore une fois de nous surprendre. Avec leur association Pitt Ocha, ils décident de répandre « la culture » au gré du vent qui se souvient. Pitt Ocha c’est la mémoire du vivant, c’est un véritable pied-de-nez intelligent au nez d’un monde devenu l’uniforme de la pensée unique.

Voici l’interview des Ogres de Barback qui nous parlent de leur association Pitt Ocha, une association qui promeut la culture sous toutes ses coutures.

Comment une fratrie en est venue à la création des Ogres de Barback ?

Notre papa nous a donné le goût de la musique. A la maison, il y avait une belle collection d’instruments du monde entier, et nous n’avions plus qu’à nous servir.

Nous avons pris quelques cours de musique durant notre enfance, puis naturellement, nous avons monté un petit « répertoire » familial, pour les fêtes de familles, etc…

Du coup, à l’adolescence, nous avons eu envie de monter notre propre groupe, acoustique, pour pouvoir aller jouer n’importe où, faire la manche, les marchés, etc…

Le groupe « Les Ogres de Barback » est donc né, en 1994. 2003, ce n’est pas l’année de création du groupe, mais celle de la sortie du premier album pour enfants [La Pittoresque Histoire de Pitt Ocha], mais nous avions déjà sorti cinq disques « normaux ».

Est-ce vous qui construisez vos instruments ? 

Non, nous avons utilisé d’abord pas mal d’instruments de notre père, puis, lors de quelques voyages en Europe de l’est, nous avons trouvé tout un tas d’instruments pas chers, que l’on a ramenés. Surtout à Prague, où nous sommes retournés plusieurs fois, afin d’y dénicher quelques trésors (soubassophones, euphoniums, etc…).

C’est vrai que depuis, notre scène ressemble un peu à une brocante musicale… Nous avons tous les quatre une passion pour les instruments, et préférons être « touche à tout » plutôt que de se spécialiser sur un seul instrument… D’ailleurs, sur chaque tournée, il y a – au moins – un nouvel instrument intégré dans la liste…

Qu’est-ce qui vous a amené à créer l’association Pitt Ocha ? Je vous ai vus en concert au festival d’Amboise, il y a quelques années, une ogresse semblait ballonnée de vie, était-ce le départ de l’aventure ?

C’est vrai que, quand on a commencé à avoir des enfants, on a eu envie de chanter pour eux… C’est comme ça que le projet Pitt Ocha, disque-livre pour enfants, est né. Pour le premier volume, on a décidé de reverser 1 euro par disque vendu à une association proche des enfants. On a choisi « Handicap International », ONG avec laquelle nous avions déjà collaboré (concert de soutien, etc…).

Pour le second volume, on a eu envie de choisir une association plus en rapport avec la culture, la musique. Nous avons nous même plusieurs fois participé de près ou de loin à des projets allant dans ce sens. Et du coup, l’idée de créer nous-même cette association est née: « Pitt Ocha pour un monde de sons ».

Cette association a pour but de soutenir les projets aidant à l’accès à la culture, dans les milieux défavorisés, puisque nous pensons que la culture est un moteur essentiel pour aider à améliorer les conditions de vie, les rapports entre les peuples, etc…

Avec Pitt Ocha au pays des milles collines, vous faîtes un beau tour du monde adressé aux enfants, comment cette idée vous est-elle venue? Pourquoi les enfants ?

Nous trouvons que le monde est de plus en plus fermé, que les gens sont de plus en plus repliés sur eux-mêmes. C’est désolant, et on a eu envie de montrer aux enfants que de s’intéresser à la culture des autres peut être ludique et drôle, en plus d’être enrichissant. C’est pourquoi nous avons fait chanter des enfants dans beaucoup d’autres langues que le français, et intégré des instruments qui n’existent pas ici.

Pourquoi “Touche pas à mon école” dans cet album ? Est-ce symbolique ou né d’une réelle situation ?

Nous avons une maman institutrice et beaucoup d’amis dans ce milieu. Nous sommes donc particulièrement sensibles aux problématiques de ce métier qui touchent aussi – forcément – nos enfants. Nous sommes atterrés par la « casse » de l’école publique.

Pouvez-vous nous expliquer les modalités de recrutement et de sélection des dossiers Pitt Ocha ?

L’idée est de donner des moyens à des associations déjà existantes, ou en cours de création, sans que nous ne représentions les seules ressources financières. Nous préférons donner moins à plusieurs associations plutôt que beaucoup à une seule.

Nous recevons des demandes, avec une présentation, un dossier, et un questionnaire rempli (disponible sur le site internet de l’association), puis nous nous rassemblons régulièrement avec les membres de l’association pour discuter des différents projets. Si le projet correspond au but de l’association, et si la demande de financement est dans nos cordes, alors nous prenons toutes les dispositions pour qu’il aboutisse.

Bien sûr, nous prenons des nouvelles de chaque projet financé, pour nous assurer de leur avancée et de leur réussite.

Quels sont les projets de l’association sur lesquels vous travaillez et quels sont ceux à venir ?

La plupart des projets sont autonomes (nous ne les aidons que financièrement). Seuls quelques-uns sont gérés par nous-même. Par exemple, nous avons financé l’enregistrement d’un disque par des chanteuses rwandaises que nous avions rencontrées lors de l’enregistrement de « Pitt Ocha au pays des milles collines ». Elles nous en avaient fait la demande et nous avions trouvé que leur projet rentrait complètement dans le cadre de l’association. Il consistait à graver sur disque des chants traditionnels qui risquent de sombrer dans l’oubli car seules quelques femmes aujourd’hui connaissent encore ces chants, et ils représentent pourtant toute une culture. C’est un travail de  « collectage », d’archivage patrimonial, en quelque sorte.

De quoi avez-vous besoin et comment peut-on vous aider ?

Nous avons surtout besoin d’argent, car au niveau humain, nous commençons à être assez organisés. Il y a une personne qui gère cette association. Tant que cela reste à dimension humaine, nous n’avons pas besoin de plus.

Financièrement, nous récoltons un euro sur chaque disque « Pitt Ocha au pays des mille collines » vendu. Plus les royalties de certains artistes qui ont participé à l’album, et qui les offrent à l’association. Mais dès que les ventes ralentiront, nous n’aurons plus vraiment de financement.

Cela dit, nous préparons un troisième tome des aventures de Pitt Ocha, sur lequel nous continuerons à récolter un euro par disque vendu.

La charte graphique de vos sites web est remarquable, est-ce la même illustratrice que pour les pochettes de vos albums ?

Nous avons eu deux illustrateurs différents. Jusqu’à l’album « Terrain vague » [2004] c’est Aurélia Grandin qui nous a accompagné graphiquement. Nous l’avions rencontrée lors d’un de nos premiers concerts en région parisienne. Son univers nous a tout de suite séduits. On a donc travaillé avec elle pendant plusieurs années.

Puis nous avons rencontré Eric Fleury, illustrateur/peintre également, sur une tournée. Il est d’abord devenu notre monteur de chapiteaux, il est parti en tournée avec nous, et faisait régulièrement des expos sous ces chapiteaux. C’est donc naturellement que nous lui avons demandé de reprendre le flambeau. Il a donc depuis, illustré tous nos albums ainsi que le second Pitt Ocha. Et il travaille actuellement sur le troisième…

C’est vrai que, sur nos pochettes d’albums, nous avons toujours préféré avoir de jolis « tableaux » plutôt que des photos. On aime bien aussi que tout notre univers soit cohérent à ce niveau, tant pour nos affiches que pour nos sites internet, et autres supports de com’…

Petit mot libre de la fin ?

Merci de vous intéresser à notre association!

Merci à vous Les Ogres et tous nos voeux de réussite à l’association Pitt Ocha !

Pour en savoir plus et soutenir Pitt Ocha :

Le site de l’association Pitt Ocha : http://www.pittocha.com/
Le site des Ogres de Barback : http://www.lesogres.com/

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