Karine Huet : la roda de Choro de Rennes cherche un soliste !

La Roda de Choro de Rennes

Interview de Karine Huet, musicienne accordéoniste

Karine Huet est à l’origine de la création de la roda de Choro de Rennes. Son départ vers la capitale cet été laisse la roda sans soliste pour mener le groupe.

Pour que cette rencontre de musiciens passionnés par la musique brésilienne perdure à Rennes, les membres cherchent un soliste pour prendre la succession de l’accordéoniste. Les conditions pour rejoindre les musiciens ? Etre passionné par le Choro et avec une forte volonté de travailler son langage spécifique.

Les membres de La Roda de Choro de Rennes
  • Accordéon : Karine Huet
  • Percussions : Ronan Maguet
  • Guitare 7 cordes : Alban Schäfer
  • Rebolo : Jérôme Guillouzic
  • Cavaquinho : Jean Baptiste Lebrun
  • Pandeiro : Adrien Clidiere

Si vous êtes intéressé pour rejoindre la roda, envoyez un message sur la page Facebook de Karine Huet ou Alban Schäfer. Et n’hésitez pas à partager la nouvelle, il faut que la Roda de Choro de Rennes continue à nous faire danser et nous donner du plaisir !

Karine : https://www.facebook.com/karine.huet.583
Alban : https://www.facebook.com/alban.schafer

Pour ceux qui souhaitent voir Karine Huet lors d’une roda de Choro avant qu’elle ne déménage à Paris, rendez-vous tous les mardis soirs jusqu’au 24 juin à La Cave de l’Opéra situé au 1, rue de Coëtguen en bas de la Mairie.

 

Interview : Karine Huet nous partage sa passion

Karine Huet accordéonisteTu interviens dans plusieurs formations, peux-tu nous les présenter ?
Comme tous les musiciens professionnels, je joue dans plusieurs groupes. Ma spécialité c’est la musique brésilienne, je joue dans des groupes que j’ai monté et d’autres groupes où je suis appelée. Je faisais aussi de la Cumbia dans un trio de musique du monde et d’autres petites choses hors de la musique brésilienne.

Pourquoi le choix de l’accordéon ?
Je suis morbihannaise, bretonne. Dans les fêtes populaires l’accordéon est très présent, dès l’âge de 7 ans, j’ai voulu faire accordéoniste.

Comment t’es venu le choix de la musique brésilienne, en particulier le Choro et le Forro ?
Forcément, c’est une longue histoire pour arriver à se spécialiser en accordéon de musique brésilienne ! En France, peu de gens connaissent l’accordéon dans ce genre musical, il faut rencontrer des hasards de la vie qui nous guident vers elle.

Au départ, j’ai essayé pleins de formes d’esthétisme comme le swing manouche, j’accompagnais également beaucoup de chanteurs. J’ai fait énormément de choses mais musicalement, humainement, j’avais du mal à trouver ma place.  Un jour,  j’ai découvert que l’accordéon existait au Brésil, j’étais totalement surprise. J’ai fait cette découverte à travers deux choses. J’ai rencontré un accordéoniste de jazz à Paris qui s’appelle Daniel Mille, j’ai pris des cours avec lui en 1998. C’est lui qui m’a raconté qu’il y avait des musiques d’accordéon au Brésil qui étaient vraiment passionnantes rythmiquement.

Et puis en 2003, un copain saxophoniste, Laurent Carré,  m’a ramené un CD de Forro du Brésil avec pleins d’accordéon. Cela m’a donné envie de reprendre les feuilles de rythmiques écrites que m’avaient donné Daniel Mille.  C’est là que je me suis dit : Ouais ça a l’air quand même très sympa à faire, j’ai très envie de jouer ça !

En 2003, Laurent et moi nous avons monté un groupe “Transat” qui est toujours plus ou moins d’actualité. A l’époque YouTube n’existait pas, Internet n’était pas très développé en musique, donc si on voulait faire de la musique du monde, il fallait partir s’en imprégner dans le pays, on n’avait pas vraiment le choix.

Et c’est ainsi qu’en 2003 je me suis retrouvée toute seule dans le Nordeste avec mon petit accordéon afin de rencontrer des gens pour apprendre la musique. Le Forro est vraiment une musique d’accordéon typique au Brésil, c’est cette spécialité qui m’a amené vers ce pays. Quant au Choro, je l’ai rencontré en voyageant uniquement parce qu’au départ je voulais apprendre le Forro.

Donc le groupe Transat tourne encore ?
Toujours oui, ce n’est pas un groupe où je fais beaucoup de promo car c’est un groupe qui existe depuis plus de 10 ans et qui a écumé beaucoup de festival en Bretagne. On va dire que l’approche que j’ai de la musique brésilienne aujourd’hui, au niveau créativité en tout cas, je l’axe beaucoup plus sur mes nouveaux groupes. Mais, c’est toujours agréable pour moi de jouer avec Transat, on nous appelle de temps en temps parce que nous sommes connus.

Tu participes à un bon nombre de manifestations Choro en France, à part ta passion pour cette musique, comment t’es-tu intégrée à cette communauté ?
Eh bien un peu bizarrement parce qu’en fait on n’est pas si nombreux que ça. On est quasi sur un réseau européen, on se connaît tous en France. J’ai pleins d’amis en Italie, à Copenhague, à Rotterdam. C’est très bien pour se faire des amis d’ailleurs dans toute l’Europe, c’est très pratique !

Tout a commencé lorsque j’ai monté la roda de Choro à Rennes en 2007. Au début, je voulais apprendre le Choro parce que je trouvais que c’était une pratique qui permettait de bien lire la musique, mais je n’avais pas envie de le faire toute seule. Donc je me suis dit je vais faire ça dans un bar avec des copains et je me suis prise au jeu.

Le Choro est devenu quasi un toc, mon trouble obsessionnel compulsif ! On travaillent du matin au soir, il faut dire que le Choro est extrêmement exigeant. Et donc du coup avec cette Roda à Rennes, j’ai été contacté par d’autres Roda en France et je suis allée les rencontrer. Il y a aussi un festival de Choro à Toulouse où je suis intervenue cette année, j’y allais déjà régulièrement auparavant … et voilà très progressivement on finit par connaître très vite tout le monde.

Tu peux nous en dire plus sur la roda de Choro à Rennes, qui peut participer ?
Oui, en fait la roda c’est vraiment un principe brésilien. Là-bas, ils jouent autour d’une table dans un bar et ils apprennent la musique ensemble. J’ai trouvé ce concept excellent, c’est comme ça que le club de Choro de Rennes est né.

Evidemment, c’est parti juste par le déchiffrage des thèmes de Choro sur la table, on n’y connaissait rien ! Mais tout le monde s’est pris au jeu, c’est devenu une musique qu’on a commencé à maîtriser, pleins de musiciens l’ont travaillé et la travaillent toujours et viennent la jouer avec un grand plaisir. Comme je vais régulièrement au Brésil, que je fréquente le réseau et que je pratique en dehors de la roda, je suis un peu le centre de ressources, je leur donne les partitions, les informations.

Et qui peut venir ? Eh bien un peu tout le monde. Bien sûr, le Choro est une musique difficile donc il faut déjà un niveau instrumental relativement important pour s’intégrer. Mais que ce soit des amateurs ou des professionnels, c’est ouvert à tout le monde à condition bien sûr de respecter les codes de la roda.

Ce sont des codes totalement différents d’un bœuf de jazz par exemple. C’est un peu notre difficulté dans la roda, les gens ont d’autres codes, les codes du bœuf manouche, du jazz ou même de la session irlandaise qui est ici très connu. Et comme ce sont des références ancrées, les musiciens ont tendance à dévier les codes de la roda pour imposer les leurs, ce qui est très humain…, mon rôle c’est un peu de les éduquer et de leur dire voilà là-bas ça se passe comme ça ! Il y a un réel apprentissage durant cette roda, ce qui nous permet de  pouvoir jouer librement tous ensemble et sans parler.

Donc pas de recrutement particulier ?
Surtout pas ! Il faut vraiment en avoir envie très fort, il ne faut surtout pas se faire persuader. Cela demande beaucoup de travail et d’investissement, si on se fait convaincre, je doute qu’on y mette l’énergie et le travail qu’il faut pour obtenir le résultat du Choro.

En 2010, tu as créé Karine Huet trio, peux-tu nous en parler ?
Ce trio m’est venu parce que j’avais envie de mélanger le Forro et le Choro avec tout ce que j’avais appris à faire en musique pour en faire quelque chose de très personnel. Je me suis dit qu’un trio guitare 7 cordes, percussion et accordéon, c’était vraiment la configuration idéale pour réussir à métisser toutes ces influences. On a fait quelques dates sympas, on a joué à Artrock, Plouër’ in jazz, Festival itinérance, Travelling rio, Les champs libres….

Le trio n’est pas encore très stable, musicalement il évolue. Je change encore beaucoup les choses parce qu’il est jeune. Les musiciens changent également car comme il faut des guitaristes 7 cordes qui sont très rares en France, ce n’est pas facile de les avoir à proximité et disponibles.

Du coup, ce trio m’a aussi donné l’idée de partir sur un autre projet qui va s’appeler Karine Huet Brazil Project qui sera plus festif et où l’on sera 5 musiciens. En fait, à un moment j’avais tellement d’idées que pour le trio c’était trop de choses. Et c’est ça qui m’a fait penser à monter une autre formation pour que je sépare un peu mes idées foisonnantes. Le trio ne pouvait pas porter toutes les envies que j’avais sur ces musiques-là.

Donc bientôt, il y a aura deux groupes avec des projets différents mais qui seront issus du même métissage : le Forro et le Choro.

C’est toi qui compose ?
Le principe est le même pour tous les groupes, je réserve la moitié du répertoire pour des compositions de musiciens brésiliens parce ce que je veux vraiment être au service de ces compositeurs qui sont des musiciens hors pair : Hermeto Pascoal, Gismonti, où des accordéonistes comme Sivuca, Dominquinhos. De plus, je trouve qu’ils sont très peu joués et j’ai vraiment envie de donner ma lecture de ces compositions-là. Et je garde l’autre moitié du répertoire pour mes compositions. C’est très important pour moi d’être au service de ces compositions brésiliennes, j’y donne ma lecture, ma valeur ajoutée, et surtout je fais la divulgation de ces musiques qui ne sont pas assez connues ici.

Où peut-on te suivre ?
Et bien n’hésitez pas, karinehuet.com, vous aurez les dates, le son….

Tous les mardis soir à Rennes à La cave de l’opéra, bas de la place de la mairie.

Un petit mot libre pour la fin ?
Le petit mot de fin peut concerner mon déménagement à Paris cet été. Et j’espère que la roda à Rennes existera toujours sans moi !

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