Le Barbès Café, une invitation joyeuse à la tolérance

BARBESCAFE

Le Barbès Café, c’est beau, généreux, émouvant…

La troupe charismatique raconte l’immigration algérienne et signe une mise en scène réussie, entre comédie, document vidéo, et musique. Ce spectacle musical est une vraie invitation au plaisir de la danse. Vous avez jusqu’au 24 février pour courir au Cabaret Sauvage sur le bassin de la Villette à Paris pour les voir (et danser) vous aussi !

Derrière le comptoir du bar, Le Barbès Café, Lucette évoque les souvenirs de son amour venu d’Algérie, Mouloud, à l’un de ses habitués, lui aussi algérien. Au fil des conversations, la tenancière du bar retrace l’histoire de deux pays, de deux peuples, de tous les peuples…L’histoire des enfants de l’Algérie et de la France… 

La performance de ce spectacle, c’est de faire simple, vrai, et de surcroit bien documenté. Un mélange astucieux, entre rétrospective historique, sociale, et musicale.

L’ambiance est palpable et vive d’émotion, français, algériens, franco-algériens, juifs, tous ceux qui sont attachés, de près ou de loin, à cette terre sont invités dans la réconciliation et la prise de conscience… dans l’espoir qu’ils s’en suivent des années de paix…

Au fond, c’est peut-être ça notre devoir de mémoire, ne pas recommencer à nouveau cette perpétuelle histoire, en écrire une autre, plus belle, plus juste, plus égalitaire… une réunification fraternelle, où la liberté ne serait pas qu’un simple mot sur le blason de la France et une ellipse sur le drapeau de l’Algérie… une réunification dans la paix car en somme nous sommes tous semblables.

Au-delà de de la justesse de création de Meziane Azaïche mise en scène par Géraldine Bénichou, l’aura de ce spectacle se diffuse dans tout le cabaret.
Décor réalisé par Ali Guessoum
A l’entrée des stands de vente de bijoux, des livres autour de la mémoire algérienne, le 17 octobre 1961, le combat des femmes, des tee-shirts drôles et  atypiques
plusieurs surprises postées dans le décor de la salle par l’artiste Ali Guessoum, et l’exposition photo Chibanis d’Ici de Leila Bousnina.  

Tout cela forme un ensemble qui mérite le top 10 des sorties utiles dans le guide Mediamateur !  Clignement d'œil

 

Le + : Tous les mercredis, avant le concert, une thématique autour de l’Algérie animée par les journalistes Samia Messaoudi et Mustapha Harzoune à partir de 19h – Littérature – Mouvement des femmes – Images de la guerre – Pays oublié des révolutions arabes.

L’atout majeur de ce spectacle, c’est sa fibre multi-culturelle, extraite de plusieurs dizaines d’années de métissage. La cible est donc large, tout le monde a sa place dans ce spectacle-hommage à la mémoire collective.

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Un commentaire

  1. Sonora (2 comments) dit :

    J’ai vu ce spectacle la semaine dernière et me suis sentie très concernée. C’est l’histoire de mon père, c’est aussi la mienne puisque je suis issue d’une rencontre franco algérienne. Mes parents se sont rencontrés à l’usine. J’ai beaucoup pensé à mon père durant ce spectacle, sa souffrance endurée, le racisme, l’intégration dans une famille française, la guerre d’Algérie, les rafles, le mal du pays, l’éloignement familial. J’ai retenu mes larmes…
    Personne n’est oublié dans ce spectacle mi théâtre mi concert mi cinéma, les pieds noirs, les français, les juifs, les algériens, ni même les politiciens français de l’époque, de Gaulle, Papon, et aussi Chirac et ses propos « xénophobe » à l’attention des français « le bruit et l’odeur », ça ne s’oublie pas !
    Belle mise en scène, scénario intelligent et humaniste. Anti raciste à souhait ! Fort réussi, je ne peux que vous inviter à vous y rendre, vous vous amuserez aussi, l’humour est présent, la musique invite à la danse aussi le public exploite le créneau.
    The sherry on the cake, le cabaret sauvage est un très chouette endroit.

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