Le court métrage en France : économie parallèle ou passeport pour le long métrage ?

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La liberté de création est illimitée, pourtant la réalisation de court métrage ne permet pas de vivre sans les subventions de l’État et des associations.

C’est un fait, les courts métrages qui rapportent de l’argent sont très rares. Ce secteur artistique de la cinématographie est l’un des plus pauvres. Chaque année, environ 400 à 500 courts métrages obtiennent un visa d’exploitation, mais, pour la plupart, ils restent très peu diffusés.

Le gouvernement et le CNC tente de règlementer la trésorerie des courts pour imposer la rémunération du personnel, pourtant, sans le bénévolat d’une grande partie des techniciens, la liberté de création des courts métrages et leurs réalisations seraient quasiment impossible.

En France, la survie de ce secteur subsiste grâce aux subventions et au système qui protège les intermittents. Les sociétés de production comptent sur les ASSEDIC pour combler le salaire des techniciens et des acteurs.

La liberté se paye cher, et les efforts du personnel (réalisateur, cadreurs, caméramans, maquilleurs, costumiers, acteurs…) doivent redoubler par rapport aux intervenants sur les longs métrages. Pour être diffusés et subventionnés, les courts ont donc l’obligation de respecter le droit du travail, ainsi la réalisation entre ami a très peu de chance de voir le jour sur les écrans ou d’être diffusé sur un festival.

Financer et réaliser un court métrage est un investissement sur le long terme, il permet aux jeunes réalisateurs de se faire la main et de pouvoir se faire connaitre sur la scène des professionnels, grâce aux festivals, afin d’avoir une porte ouverte sur la réalisation de longs métrages ou de passer à une activité rémunératrice comme la réalisation de spot publicitaire.

Malgré toutes les contraintes de la loi, en termes d’économie, le court métrage est un secteur très flou. La loi impose le respect strict du droit du travail, c’est-à-dire, la rémunération de tous les intervenants, cependant les grilles conventionnelles de salaire pour les techniciens n’étant pas applicable pour le court métrage, c’est le SMIC qui prévaut. Pourtant, la plupart des courts se réalisent grâce au bénévolat.

L’achat des courts par les chaines télévisées ne couvre pas les frais, seuls quelques nominations par un jury lors d’un festival, sont bénéficiaires, les autres sont laissées au bord de la route.

 

Quel intérêt alors de réaliser un court métrage ?

Si seulement quelques courts métrages couvrent leurs frais, le personnel est souvent mal payé, voire pas du tout. Quelques inconditionnels continuent à produire des courts pour la liberté de création, mais la plupart sont obligés d’avoir un travail alimentaire à côté.

Pourtant, quelques-uns réussissent à se démarquer et à remporter des prix sur les festivals. Dernièrement, le 1er court réalisé par H5 (François Alaux, Hervé de Crecy Ludovic Houplain), auteur de nombreux clips, dont l’un de Massive Attack, remporte, avec Logorama,un film d’animation de 17 minutes, de nombreux prix jusqu’à la récompense 2010, outre atlantique, le célèbre Oscar. L’équipe a mis 6 ans à réaliser cette course poursuite de Bibendeum, le logo Français de Michelin, après Ronald Mc Donald, le célèbre clown Américain, dans Los Angeles, dont les rues sont envahies par les marques et les logos. La France prouve encore, par ce court devenu mondialement célèbre, qu’elle est très bien placée dans la réalisation d’animation numérique.

Un des points les plus favorables à la réalisation de court est sa facilité d’exportation sur les festivals étrangers. En effet, leurs courtes durées permettent une aisance de visionnage pour les jurys. Le film court demeure un secteur très jeune et très souvent de sexe masculin, 74% des réalisateurs ont moins de 40 ans et 70% sont des hommes. C’est souvent un tremplin pour leur avenir professionnel. Qu’ils se dirigent vers le long métrage, la publicité, les clips musicaux ou bien la réalisation de films institutionnels, le court métrage est avant tout une carte de visite, mais aussi un plaisir artistique permettant d’aborder l’expérimentation de tous les thèmes sans la contrainte de la subordination de l’audience.

De célèbres réalisateurs sont passés par le court métrage, comme Alain Resnais ou, plus récemment, Matthieu Kassovitch, avant de faire connaître par les professionnels du cinéma. Les maisons de production continuent de soutenir les courts pour promulguer leurs noms et permettre la découverte de nouveaux talents.

Malgré tout, l’économie du court métrage est bel et bien une économie parallèle, surfant entre légal et illégal, qui ne pourrait pas exister sans l’appuie des subventions de l’État et des associations.

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2 commentaires

  1. Mathieu (1 comments) dit :

    Le court-métrage est l’antichambre du grand métrage.

  2. Nabel (11 comments) dit :

    Je dirais plutôt que le long métrage est une prison pour le court métrage : liberté de ton…

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