Rôle et déclin des insectes pollinisateurs

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Petit, et pourtant si précieux. Comme toutes les abeilles, ce bourdon est un insecte floricole appartenant à l’ordre des hyménoptères apoïdes, experts en pollinisation.

Rappelons que la pollinisation est le mode de reproduction sexuée des plantes à graines, principalement représentées par les plantes à fleurs. Plus précisément, il s’agit chez ces dernières du transport du pollen des étamines d’une fleur vers le pistil d’une autre fleur. Les cellules reproductrices mâles portées par le pollen peuvent alors féconder les ovules qu’abrite le pistil, assurant ainsi la formation des graines et du fruit.

Si les insectes ne sont pas le seul agent de pollinisation (citons le vent, l’eau ou encore certaines espèces d’oiseaux ou de mammifères), ils n’en demeurent pas moins le plus important. On estime ainsi que les insectes pollinisateurs assurent la reproduction de 80% des espèces de plantes dans le monde, et 75% des espèces cultivées, soit un tiers de l’alimentation humaine. Ces chiffres ne laissent aucun doute quant à la grande utilité de ces insectes, tant en terme de biodiversité, qu’en terme de gain à notre propre subsistance.

Hélas, on observe ces dernières décennies un déclin mondial des insectes pollinisateurs, non seulement en nombre d’individus, mais aussi en nombre d’espèces. Particulièrement en Europe et sur le continent américain. Bien que l’étude de ce recul soit encore jeune, plusieurs causes sont aujourd’hui évoquées : gestion de l’espace (urbanisation, disparition des prairies fleuries), agriculture intensive orientée monoculture, utilisation massive de produits phytosanitaires, changement climatique, espèces exotiques invasives comme le frelon asiatique. Ces différents facteurs, liés par des phénomènes d’interaction, forment un cercle vicieux redoutable. L’urbanisation et l’intensification de l’agriculture favorisent la disparition des espaces naturels fleuris, et donc une baisse des ressources alimentaires que représentent le pollen et le nectar, provoquant ainsi la raréfaction des insectes pollinisateurs. Raréfaction des insectes pollinisateurs qui entraîne à son tour une raréfaction des plantes à fleurs, et une baisse des rendements agricoles…

Ce déclin menace donc la biodiversité, l’économie liée à l’agriculture, et la sécurité alimentaire. Les effets sur l’agriculture sont d’ailleurs déjà perceptibles, et nombre d’exploitants font aujourd’hui appel aux apiculteurs et à l’achat ou la location de ruches de bourdons pour garantir la production de leurs cultures, que la pollinisation sauvage ne suffit plus à assurer.

A l’heure où certains réclament le droit de chasser les espèces animales en concurrence avec leur activité, souhaitons que l’homme saura reconnaître et préserver ces précieux alliés que sont les insectes pollinisateurs. Certaines initiatives semblent indiquer que la prise de conscience est en marche (déclaration de São Paulo, projet POLINOV, projet SPIPOLL, …). La sauvegarde des pollinisateurs est aussi l’affaire de tous, et chacun de nous peut agir à son échelle. Privilégier dans nos jardins les espèces mellifères, diversifier les plantations, ménager quelques zones en friche, éviter l’emploi de produits phytosanitaires, autant de gestes simples que nous pouvons adopter en faveur des pollinisateurs. Que nous continuions à jouir du spectacle que nous offrent ces butineurs, que leur ballet continue d’enchanter nos yeux, et leur musique de flatter nos oreilles…

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Références :

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3 commentaires

  1. Emilie (1 comments) dit :

    Merci pour le partage et pour l’info! L’évolution de l’homme tend souvent à le faire oublier l’importance du rôle que joue la mère nature pour assurer sa survie!

  2. Motogirl (1 comments) dit :

    J’ai lu votre article avec intérêt. Je tiens à dire que les hommes ne doivent pas oublier qu’on a toujours besoin d’un plus petit que soit dans la nature. C’est la synergie avec la nature qui garantie la bonne vie dans la nature.

  3. Materiel Apiculture (1 comments) dit :

    Ce déclin des insectes pollinisateurs menace aussi l’homme indirect. On se souvient de la citation d’Einstein qui disait que l’humanité était condamnée si les abeilles venaient à disparaître… En effet, c’est toute la chaîne alimentaire qui s’en trouverait bouleversée.

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