Trucs et astuces pour la mise au point

oeil

Quel caprice cette caméra ! “Non seulement je l’ai payée chère , mais en plus elle ne fait pas ce que je demande « . La caméra ne peut pas voir comme votre oeil. C’est votre oeil qui doit s’adapter à elle.

Comme le dirait Jackie Quartz, c’est “ juste une mise au point sur les plus belles images de ma vie “. Hé oui, vous pensiez que la caméra se règle comme un microscope en raisonnant scientifiquement, c’est en partie vrai, mais c’est surtout un langage.

Que se passe-t-il lorsque vous tournez la bague à l’avant de l’objectif ? Vous remarquerez qu’une mesure en f (foot) ou m (mètres) s’affiche. Quand vous faites la mise au point manuellement, sans autofocus, vous réglez en fait très précisément une distance entre votre appareil et votre sujet. Vous ne le saviez peut-être pas, car vous n’avez pas l’habitude de sortir un mètre pour vérifier la mise au point, mais c’est votre oeil qui fait cette mesure quand vous tournez la bague un peu à droite et un peu à gauche.

Théorie facile sur la profondeur de champ :

La profondeur de champ correspond à la zone de netteté que tout le champ de votre objectif capte. Cette zone de netteté parfois de quelques mm3, peut-être tout aussi vaste que l’infini. Dans ce dernier cas vous pourriez tourner votre bague de mise au point dans tous les sens, il n’y aura aucun flou dans l’image.

A                                                 B
A : Grande profondeur de champ,
le changement de mise ne rendra pas flou l’image.
B: Faible profondeur de champ, le changement de mise au point de quelques millimètres rendra flou les feuilles de l’arbre.

La “ Profondeur de champ ” est une notion d’optique. Dès qu’il y un objectif et notre oeil en est un, il y a toujours une partie floue et une partie nette plus ou moins importante. Seulement, elle n’est pas toujours la même. 3 facteurs font varier cette distance. L’ouverture du diaphragme, la focale de l’objectif et la distance de mise au point.

L’ouverture du diaphragme :  Caché dans votre objectif se trouve une iris qui s’ouvre et se ferme pour laisser entrer plus ou moins de lumière. Cet ajustement est indispensable pour le capteur de la caméra qui doit toujours recevoir la même quantité de lumière. Quand il y a du soleil on ferme le diaphragme et quand vient le soir on l’ouvre, exactement comme l’iris de notre oeil se comporte naturellement avec la lumière. Seulement ce réglage que la caméra calcule automatiquement fait varier la profondeur de champ.

Les arbustes verts foncés sont nets alors que les verts claires sont flous à l’image.
Plus le diaph. est fermé, plus la profondeur de champ est grande et plus le diaph. est ouvert plus la profondeur de champ est petite.

La focale : Lorsque vous “zoumez” avec votre caméra, vous faites varier la distance focale tout comme la profondeur de champ. Ce sont des lentilles de l’objectif qui bougent entre elles pour faire comme avec une loupe, pour grossir une zone. A l’inverse, c’est toujours un changement de focale, et donc un changement d’optique qui vous permet de voir avec de grands yeux globuleux une image à 180° d’angle et plus. Votre  oeil, lui, n’a pas cette capacité. Plus vous “zoomez”, plus la profondeur de champ est faible et plus vous votre mise au point demande de la précision sur le sujet, car le flou vous oblige à un réglage précis. Plus vous êtes en plan large, plus la profondeur de champ est grande et moins vous devez faire attention à la mise au point.

La mise au point :  La profondeur de champ varie aussi avec la distance du sujet à votre appareil. Plus votre sujet est proche de vous et plus votre profondeur de champ sera faible, plus votre sujet est loin et plus votre profondeur de champ de sera grande. Cependant, ce dernier paramètre a en fait très peu d’influence sur la profondeur de champ, sauf si vous êtes en macro, (fonction symbolisée par la petite fleur sur les appareils) et que votre sujet est à quelques millimètres de distance. Dans ce cas, il y a beaucoup de flou autour du sujet.

Ouf !!!!!!!! pardon pour ces notions de base théoriques, mais c’est fini.

Ces trois facteurs ne font pas varier pareillement la profondeur de champ.
En premier, c’est la distance focale au sujet qui va créer une zone de flou plus au moins importante. En deuxième, c’est le diaphragme et en troisième, la distance de mise au point.

En fait, comme le plus souvent on utilise les caméras en tout automatique, on ne cherche jamais à calculer le diaphragme et souvent on choisit notre distance au sujet en fonction de l’angle que l’on veut adopter, c’est à dire on choisit la focale. Est-ce que je “zoome” beaucoup pour rester loin du sujet ou est-ce que je reste près du sujet pour garder un angle assez large ? Cette notion esthétique a le plus d’impact sur la profondeur de champ. C’est pour cette raison que l’on réalise le plus souvent les interviews à 3 mètres de distance en moyenne. D’une part, par une volonté esthétique, pour que le sujet ne soit pas aplati dans l’image, et d’autre part, pour garder un minimum de profondeur de champ pour que le sujet reste net sans avoir à changer la mise au point, car un sujet vivant bouge toujours un petit peu.

Astuce : exemple type dans le cadre d’une interview qui doit respecter une profondeur de champ de minimum 50 cm de distance vers un sujet placé entre 1,5  et 4 mètres. Si vous constatez du flou dans l’image, la première cause est toujours un manque de lumière. Le premier réflexe est de déverrouiller l’automatisme autofocus de la caméra et de régler vous même la mise au point, sinon vous risquez de voir pendant la prise de voir le plan devenir flou, puis devenir net.
Le deuxième réflexe est d’augmenter la quantité de lumière sur le sujet. Ainsi vous fermez le diaphragme et augmentez la profondeur de champ. (Si vous ouvrez le diaph pour que l’image soit plus claire, votre profondeur de champ diminue et ne vous avantage pas.) Augmenter la lumière demande d’avoir beaucoup d’éclairage. Devinez pourquoi sur un plateau de télévision on éclaire beaucoup ? C’est en grande partie pour maîtriser cette profondeur de champ.

Dans des conditions difficiles où il n’y a que l’éclairage ambiant le soir, vous devez demander au sujet de rester toujours à la même distance de la caméra, car il est impossible de suivre le sujet avec la mise au point. Parfois cependant, on peut laisser l’autofocus s’en charger, même si le plan devient flou quelques secondes seulement. Tout n’est pas parfait. Ces contraintes cassent la spontanéité, mais on ne peut pas y échapper.

Truc : pour être sûr que la mise au point est précisément faite sur le sujet avant d’enregistrer, vous devez “zoomer” un maximum, c’est à dire vous placer en très longue focale, afin d’avoir une très faible profondeur de champ. Ainsi vous pourrez régler la mise au point sans vous tromper. (Le plus souvent c’est un visage sur lequel on zoome, et on prend l’arrête du nez comme point de repère.) Ensuite vous “dé-zoomez” sans toucher à la mise au point et vous vous replacez sur le cadre de départ . Ainsi vous venez de vérifier très précisément ce réglage.

L.T

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